Le pardon : se libérer du poids de ce qui nous empêche d'avancer

Il existe des expériences que nous portons longtemps après qu’elles soient terminées.

Une parole blessante. Une injustice vécue. Une trahison. Une déception. Parfois même une colère dirigée contre nous-mêmes pour une décision que nous regrettons.

Nous pensons souvent que pardonner consiste à excuser ce qui s’est passé.

Mais peut-être que le pardon n’est pas d’abord un cadeau que nous faisons à l’autre.

Peut-être est-il d’abord un cadeau que nous nous faisons à nous-mêmes.

Et si le pardon était une invitation à grandir ?

Dans son livre La petite âme et la Terre, Neale Donald Walsch raconte l’histoire d’une petite âme qui souhaite expérimenter le pardon.

Elle demande à Dieu de devenir « celle qui pardonne ».

Mais Dieu lui répond qu’il n’y a personne à qui pardonner, puisque toutes les âmes sont parfaites.

Alors une âme amie accepte de venir dans sa prochaine vie pour lui faire vivre une expérience douloureuse afin qu’elle puisse découvrir ce qu’est réellement le pardon.

Son unique demande est la suivante : au moment où elle lui fera du mal, se souvenir de qui elle est réellement.

Cette histoire propose une autre manière de regarder nos blessures.

Non pas comme des événements que nous aurions choisis ou désirés, mais comme des expériences qui peuvent révéler une partie plus profonde de nous-mêmes.

Pardonner ne signifie pas oublier

Le pardon est souvent mal compris.

Pardonner ne signifie pas nier ce qui s’est passé.

Cela ne signifie pas non plus accepter l’inacceptable, effacer les responsabilités ou obligatoirement reconstruire une relation.

Pardonner, c’est remettre l’événement à sa juste place.

C’est refuser que la blessure continue à définir qui nous sommes.

Le ressentiment nous attache parfois davantage à celui qui nous a blessé qu’à nous-mêmes. Tant que nous restons enfermés dans la colère, une partie de notre énergie reste tournée vers le passé.

Le pardon permet de reprendre cette énergie.

Pardonner à l’autre, mais aussi se pardonner à soi

Le mot « pardon » peut aussi se lire comme « part don ».

Comme si chaque expérience contenait une part dont nous pouvons nous libérer et une part que nous pouvons recevoir.

Il y a :

  • la part de l’autre, ce qu’il nous a fait subir ;
  • notre propre part, la manière dont nous avons vécu cette expérience et ce que nous pouvons en apprendre.

Cela ne signifie pas que nous sommes responsables de tout ce qui nous arrive.

Mais nous avons toujours une responsabilité : celle de choisir ce que nous faisons de ce qui nous arrive.

Le pardon comme acte de liberté

Nelson Mandela a incarné cette idée avec une force exceptionnelle.

Après des années d’emprisonnement, il aurait pu choisir la vengeance. Il a choisi une autre voie.

Il avait compris qu’une colère permanente envers son oppresseur aurait continué à lui donner du pouvoir sur sa vie.

Le pardon ne change pas toujours le passé.

Mais il change notre relation au passé.

Et parfois, c’est exactement cette liberté intérieure qui nous permet de continuer à avancer.

Pour un dirigeant ou un manager, cette capacité est également essentielle. Porter une responsabilité importante signifie souvent devoir gérer des déceptions, des conflits, des erreurs et des relations difficiles. La question n’est pas d’éviter ces expériences, mais de décider ce que nous choisissons d’en faire.

Tout compte fait… et si le véritable pouvoir du pardon était de nous rendre notre liberté ?

Si certaines expériences continuent de peser sur vos décisions ou votre manière d’avancer, un espace de réflexion peut parfois permettre de poser les choses autrement.

2 réflexions sur “Le pardon : se libérer du poids de ce qui nous empêche d’avancer”

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