
Il arrive que nous ayons le sentiment d’être bloqués. Nous savons ce que nous aimerions faire. Nous connaissons parfois même la première étape. Pourtant, quelque chose nous retient. Nous cherchons souvent la cause à l’extérieur : le contexte, le manque de temps, les contraintes, les autres.
Mais il arrive que les amarres soient ailleurs.
Elles sont parfois dans nos propres pensées.
Notre cerveau est un formidable créateur d’histoires.
À partir d’un même événement, deux personnes peuvent construire deux réalités complètement différentes. L’une y verra une menace. L’autre une occasion d’apprendre.
Ce ne sont pas les événements qui créent directement nos émotions. C’est le sens que nous leur donnons.
Nos pensées deviennent des émotions. Nos émotions influencent nos décisions. Et nos décisions finissent par façonner notre vie.
La qualité de notre vie dépend donc, en partie, de la qualité de nos pensées.
Changer ses pensées ne consiste pas à penser positivement en permanence. Il s’agit plutôt d’élargir sa manière de regarder le monde.
Tout cela enrichit notre façon de penser.
Plus nos points de vue s’élargissent, moins nous devenons prisonniers de nos certitudes.
C’est aussi ce qui permet aux dirigeants et aux managers de continuer à grandir malgré leurs responsabilités.
Le véritable développement ne consiste pas seulement à acquérir de nouvelles compétences. Il consiste aussi à apprendre à regarder autrement.
Nos peurs sont rarement agréables. Pourtant, elles sont souvent nourries par les scénarios que notre esprit construit avant même que la réalité ne les confirme.
Nous imaginons un échec, un jugement, un rejet ou une perte. Puis nous finissons par agir comme si tout cela était déjà arrivé.
La seule manière de savoir si une croyance est juste est souvent d’aller la confronter au réel.
J’aime cette image du dragon. De loin, il paraît immense. Lorsqu’on ose enfin le regarder dans les yeux, on découvre parfois qu’il était bien moins terrifiant que ce que notre imagination avait construit.
Cette idée peut sembler surprenante.
Pourtant, beaucoup de personnes s’arrêtent juste avant d’atteindre ce qu’elles recherchent. Comme si une force invisible les ramenait en arrière.
La peur du succès existe.
Réussir peut signifier :
Alors, inconsciemment, nous ralentissons. Nous reportons. Nous abandonnons parfois au moment même où les choses commencent à fonctionner.
Un bateau est construit pour naviguer. Pourtant, tant que ses amarres restent attachées au quai, toute sa puissance devient inutile.
Nos pensées peuvent jouer exactement le même rôle.
Certaines nous ouvrent des horizons. Alors que d’autres nous retiennent sans même que nous en ayons conscience.
Nous ne choisissons pas toujours les circonstances de notre vie.
En revanche, nous pouvons progressivement apprendre à choisir la manière dont nous les regardons.
C’est souvent là que commence la véritable liberté.
Pour les dirigeants et les managers, ce travail intérieur est loin d’être abstrait. Les décisions les plus importantes sont rarement limitées par un manque de compétences. Elles le sont plus souvent par les histoires que nous nous racontons : « ce n’est pas le bon moment », « je ne suis pas prêt », « je vais perdre ce que j’ai construit ».
Prendre du recul permet parfois de voir que ces amarres ne sont pas des réalités. Ce sont des croyances. Et une croyance peut évoluer.
Si vous ressentez qu’une décision importante, un changement ou un projet reste bloqué sans que vous sachiez vraiment pourquoi, un regard extérieur peut vous aider à identifier les amarres qui vous empêchent d’avancer.